Rejoindre Auckland depuis la France sans gâcher les premiers jours

Rejoindre Auckland depuis la France sans gâcher les premiers jours

Partez de Paris un jeudi soir, vous atterrirez en général à Auckland le samedi, heure locale. Entre les deux, plus de vingt heures de vol, au moins une escale et, selon la saison, dix à douze heures de décalage horaire. Rien d’étonnant : le point du globe diamétralement opposé à Paris se trouve dans le Pacifique Sud, à moins de 300 kilomètres des bien nommées îles Antipodes, au sud-est de la Nouvelle-Zélande. Aucun vol sans escale ne relie la France à Auckland, et la façon dont vous découpez le trajet pèse presque autant que le programme sur place.

Quel chemin choisir pour rejoindre Auckland ?

Trois grandes routes existent. La plus directe passe par l’Asie ou le Golfe : un premier vol vers Singapour, Hong Kong, Doha ou Dubaï, puis un second, aussi long, jusqu’à Auckland, avec quelques heures d’escale seulement entre les deux. La deuxième passe par l’Amérique du Nord, avec une correspondance aux États-Unis ou au Canada avant la traversée du Pacifique.

La troisième parlera aux amoureux de la Polynésie : rejoindre Papeete, y passer quelques jours, puis reprendre l’avion pour Auckland. Air Tahiti Nui relie les deux villes sans escale, en un peu moins de six heures. L’étape allonge le voyage et a un coût, mais elle coupe le trajet en deux, et elle cache un avantage moins évident.

La ligne de changement de date vous prend une journée, pas votre sommeil

Tahiti vit à dix heures de retard sur le temps universel, la Nouvelle-Zélande à treize heures d’avance pendant son heure d’été, qui court de fin septembre à début avril. Entre les deux passe la ligne de changement de date : en moins de six heures de vol, vous perdez une journée entière au calendrier. Sur l’horloge, en revanche, l’écart n’est à cette saison que d’une heure. Un voyageur déjà calé sur l’heure de Papeete arrive donc à Auckland presque sans décalage à rattraper. Au retour, la journée perdue se récupère : selon l’horaire, un vol Auckland–Papeete peut même se poser, à l’heure locale, la veille de son décollage.

Par l’Asie, vous ne franchissez pas cette ligne, mais vous avancez votre montre de onze ou douze heures en un seul voyage. Le jour et la nuit s’inversent, et l’organisme met plusieurs jours à suivre.

Le décalage horaire se paie au guidon

Fin octobre, l’écart entre Paris et Auckland passe de onze à douze heures, lorsque la France revient à l’heure d’hiver. Ce décalage se traduit par une somnolence lourde en milieu d’après-midi, heure locale, au moment où votre corps se croit en pleine nuit. À moto, avec un sens de circulation inversé à assimiler, c’est un risque qu’aucun programme de visite ne justifie.

Le plus sûr est de ne pas prendre le guidon le jour de l’arrivée et de s’accorder une nuit complète, voire deux, avant le premier vrai trajet. Exposez-vous à la lumière du matin, calez vos repas sur l’heure locale dès l’atterrissage et résistez à la sieste prolongée. Si vous partez sur un circuit encadré, comme ce voyage de trois semaines que West Forever organise en Harley-Davidson entre Auckland et Christchurch, vérifiez si la durée annoncée inclut les vols et quel jour commence la première étape : selon la réponse, il faudra peut-être avancer votre départ de France d’une journée.

Ce qui se règle avant de fermer la valise

Les formalités sont simples, à condition de ne pas les découvrir à l’aéroport. Pour un séjour touristique, un voyageur français doit prévoir :

  • la NZeTA, autorisation électronique de voyage à demander en ligne avant le départ, payée en même temps qu’une taxe touristique ;
  • un passeport valable au moins trois mois après la date prévue de sortie du pays, règle à reconfirmer sur le site de l’immigration néo-zélandaise ;
  • pour conduire, son permis français accompagné d’une traduction agréée ou d’un permis international, que les autorités néo-zélandaises exigent pour tout permis non rédigé en anglais.

Reste la biosécurité, que le pays prend très au sérieux. Toute denrée alimentaire doit être déclarée à l’arrivée, et les équipements qui ont touché le sol, chaussures de marche, tente ou bottes de moto, peuvent être inspectés et doivent arriver propres. Une semelle encore chargée de la terre d’un chemin forestier peut vous valoir un nettoyage sur place, et une amende si vous ne l’avez pas déclarée.

Côté vêtements, vous quittez l’automne français pour le printemps austral : des journées qui s’allongent, mais des matinées fraîches et une météo changeante, surtout sur l’île du Sud. Une couche chaude à glisser sous le blouson et une vraie tenue de pluie ne sont pas de trop, même si Auckland vous paraît douce à la descente d’avion.

Un dernier conseil, très concret : si vous emportez votre propre casque, gardez-le en cabine lorsque la compagnie l’accepte. Après deux correspondances, c’est l’objet le plus exposé aux chocs en soute, et le plus difficile à remplacer si la valise prend un autre avion.